Ecole Eupérieure des Arts


L’international à l’ESA

L’international plus qu’un phénomène de mode

Il est un fait certain que l’international prend de plus en plus de place dans notre enseignement. L’effet “Auberge espagnole” n’y est pas étranger. En effet, comment penser aux étudiants internationaux Erasmus sans évoquer la chronique du genre, racontée par Cédric Klapisch, qui colle toujours à la peau des étudiants lors de leur séjour académique hors de nos frontières.

Même si certains esprits chagrins évoquent un processus inéluctable de mondialisation et de subordination aux exigences de l’économie libérale, nous sommes persuadés que ces programmes d’échanges permettent de contribuer à l’amélioration de la société dans son ensemble. Comme l’indiquait la déclaration promulguée lors de la conférence mondiale sur l’enseignement supérieur pour le XXIè siècle en octobre 1998, il s’agit “d’éduquer des citoyens à participer activement à la société, ouverts sur le monde, dans la perspective du renforcement des capacités endogènes, de la promotion des droits de l’homme, du développement durable, de la démocratie et de la paix dans la justice”. Cet objectif sous-entend une volonté de lutter contre les préjugés, d’aider les apprenants à mieux comprendre ce qui de prime abord ne nous ressemble pas, de combattre les nationalismes, le repli sur soi tout en préservant et diffusant les cultures régionales et nationales dans un contexte de pluralisme et de diversité culturelle.
Une difficulté majeure des échanges est d’aborder et de comprendre l’autre au-delà de ses différences. Il ne s’agit pas pour autant de renier nos pratiques d’éducation mais plutôt de les enrichir au contact d’autres manières d’enseigner en tentant de trouver un terrain commun où chacun puisse trouver sa place. Le multilinguisme, la mobilité des étudiants et du personnel enseignant, le tissage de liens entre les institutions encouragent la coopération intellectuelle et peut-être à terme l’émergence de plus de solidarité entre les peuples. Si ces considérations semblent utopiques, elles représentent déjà un enjeu qui nous pousse à questionner nos pratiques d’enseignement et conduire les étudiants hors des murs de l’école dans le but d’acquérir une culture citoyenne.

Caractère formatif de l’échange

Les expériences que nous avons partagées en ce sens nous ont appris à mesurer, à sa juste valeur, l’impact que ces programmes d’échanges ont eu sur nos étudiants. En effet, ceux-ci reviennent souvent métamorphosés, tant en termes d’autonomie, de confiance en soi et de maturité. On constate encore un renforcement de leur curiosité intellectuelle, une expérience de l’interculturalité, l’apport d’autres méthodes d’apprentissage et l’acquisition d’une réelle capacité à se remettre en question.
Il est utile de rappeler que même si une compétence est une notion intégrative, qui mobilise les savoirs et les aptitudes, les cadres de certifications envisagés par l’Europe visent à mettre en relation des systèmes différents tant par leur situation géographique (pays, régions…) que par la nature des opérateurs existants (enseignement, formation pôle emploi, apprentissage en alternance…) et par le mode d’apprentissage en vigueur (formel, non formel, informel). Etablir des liens au sein de cette diversité dans les processus d’apprentissage se fera en se basant sur le résultat et non sur le processus, supposant donc l’adoption d’une logique d’output, centrée sur l’apprenant. De facto, l’international devient un moyen idéal et une formidable occasion pour atteindre ces objectifs.

L’international à l’ESA Saint-Luc

En ce sens, l’ESA Saint-Luc développe depuis 2004 une stratégie internationale via le programme Erasmus+, Belgica et l’établissement d’accords bilatéraux avec des écoles d’art à travers le monde (Canada, Chine, Nouvelle-Zélande…). A ce jour, nous comptons 42 partenaires.
L’objectif poursuivi est de lutter contre toute forme de discrimination et de xénophobie mais aussi d’encourager l’interculturalité et le développement d’un sentiment d’appartenance européenne.
Chaque année, c’est environ 10% de nos étudiants de troisième année du 1er cycle qui partent suivre une partie de leur cursus à l’étranger ou en communauté flamande. Nous accueillons en parallèle des étudiants étrangers (in), généralement plus nombreux que nos étudiants (out), ce qui permet à l’école de baigner dans un environnement multiculturel, comptant que cette ouverture est particulièrement bénéfique à l’enseignement artistique.
Tous les dossiers (in et out) sont analysés par les professeurs de l’orientation choisie et transmis ensuite à l’institution partenaire.
Pour les étudiants entrants, un programme d’études est déterminé par le coordinateur institutionnel de l’ESA en accord avec les attentes de l’étudiant et de son institution d’origine. Les membres du bureau « Mobilité et internationalisation » restent à leur disposition pour leur donner les clés de fonctionnement de l’école. Enfin, nous les informons sur le fonctionnement et l’activité culturelle de la ville (réseau de transports, pôles culturels, organisation territoriale…) comptant que le caractère attractif de Bruxelles n’est plus à faire (siège des institutions européennes, culture multilingue, opérateurs culturels de qualité, logements à loyers modérés, ville d’écoles, patrimoine hétérogène...).
La mobilité des enseignants est également encouragée. Celle-ci permet à nos professeurs de s’ouvrir à la diversité et au monde (langues, cursus étrangers, approches pédagogiques, cultures exogènes, etc.).
En parallèle, l’ESA Saint-Luc a développé plusieurs programmes d’enseignement communs avec des écoles et universités belges et internationales : les masters à finalité spécialisée Patrimoine bâti et Architecture d’intérieur avec la faculté LOCI de l’Université catholique de Louvain ; le master en Bande dessinée-Editions avec la School of Art & Design at Kennesaw State University (Atlanta aux Etats-Unis) et l’ISMA (Institut supérieur des Métiers de l’audiovisuel) à Cotonou au Bénin. Enfin, l’ESA a organisé de nombreux workshops internationaux (Genève, Naples, Lyon, Montréal, Paris, Versailles, Milan…) mobilisant des étudiants de différentes filières.

En conclusion, il reste à chacun, apprenants et professeurs, à s’engager toujours plus sur ce terrain transculturel, à aborder des latitudes inexplorées, à oser l’hybridation.
L’international devient alors une source féconde de questionnements et de solutions, d’autres perpectives dont les effets ne sont pas prêts de se tarir.
Loin d’être un phénomène de mode, la question de l’international porte à la fois sur les pratiques d’enseignement et les rapports que l’école entretient avec la société. Elle temoigne aussi de l’évolution de la pensée moderne qui se veut désormais pluraliste et multiculturelle.

Marc Streker
Directeur


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